Qu'est-ce que le colonialisme social ?

Publié le 5 Janvier 2015

 Le colonialisme social, c'est la vision réductrice que peuvent avoir les classes sociales supérieures à l'endroit des catégories les moins favorisées de la population (ouvriers, chômeurs, immigrés). Il se manifeste de deux manières, parfois complémentaires. Tout d'abord, la morgue, qui fait aux yeux des classes aisées, et notamment des ouvriers, une masse monolithique de « ploucs » mal dégrossis, trop épais pour entendre quelque chose des débats politiques, économiques, ce qui justifie auprès des catégorie supérieures leur éviction du débat citoyen ; ensuite, une vision qui fait de ce même menu peuple une masse passive auxquelles les catégories supérieures doivent apporter leur soutien, leur protection voire leur charité au nom de leur supériorité intellectuelle. Elle n'est pas sans rappeler les débats qui traversèrent la IIIe République au tournant des XIXe et XXe siècle, non seulement concernant le paternalisme, mais aussi lorsqu'il s'agit de justifier le mouvement de colonisation, et auquel Jules Ferry apporta l'argumentaire suivant : les « catégories supérieures ont le devoir de civiliser les races inférieures »1, lesquelles n'avaient pas le droit au chapitre dans la « régie » de leur existence au nom de leur prétendue infériorité intellectuelle et raciale. L'expression est volontairement provocatrice, moins par goût de la polémique que parce qu'elle révèle une attitude souvent inconsciente car naturalisée, notamment au sein du Parti socialiste dont l'auteur désapprouve complètement la ligne actuelle.

 

Le poids des origines sociales.

 

La première cause du colonialisme social, c'est tout d'abord les inégalités sociales que pérennise notre système scolaire. Le classement, pour contesté qu'il soit, offre un bon indicateur de ces criantes inégalités. En 2013, 22% des français les plus défavorisés avaient un niveau scolaire « [confinant] à l'excellence » contre 26% en moyenne dans les pays de l'OCDE, ce qui place notre pays dans le haut du panier des inégalités socio-scolaires2. Sinistre position que confirme d'autres enquêtes sociologiques. Les raisons en sont nombreuses : l'investissement des parents des classes les plus favorisées dans l'éducation de leur enfant en est la cause principale3. Or les différentes stratégies pour y arriver se font dans une logique de distinction : avec les élites tout d'abord, afin de faire de l'élève l'un des meilleurs parmi les meilleurs ; avec les classes sociales moins favorisées ensuite, car une trop grande proximité culturelle avec elles pourrait être pris comme une forme de déchéance sociale inacceptable pour ces classes plutôt aisées4. La fréquentation des musées, l'encouragement à la lecture sont deux des principales stratégies employées pour ouvrir l'esprit des enfants : ce sont déjà des marqueurs de différenciation sociale qui creusent un fossé avec les classes moins favorisés qui, pour une partie d'entre elles, n'ont pas autant de facilités, soit que leur budget les bloque, soit que le sentiment d'illégitimité culturelle magistralement analysé par Pierre Boudieu soit un frein qui explique leur moindre fréquentation5. Cette pratique socialement différenciée a, déjà, plusieurs effets : premièrement, elle unifie les classes sociales aisées dans des pratiques culturelles où elles exercent une situation de monopole, avec comme antonyme sinon comme repoussoir, les classes populaires qui, si elles se hasardaient sur ce terrain, auraient tôt fait d'être exclues car perçues comme une menace illégitime de surcroît. Deuxièmement, les musées, les bibliothèques qu'elles fréquentent sont autant de lieux de socialisation qui constituent la matrice d'un entre-soi dont sont exclues, presque automatiquement, les classes populaires. Cette absence de côtoiement se retrouve lorsque l'on franchit les barrières des établissements scolaires : les technocrates isolés par A. Van Zanten6 privilégient ainsi les établissements privés, plus coûteux, en raison de leurs potentialités et de leur offre sportive et culturelle réputée supérieure aux écoles publiques ; le coût de ces établissements interdit, sinon réduit drastiquement, bien sûr, le côtoiement des classes aisées et des classes supérieures. Mais la distinction se poursuit, quoiqu'il arrive, en interne, par la différence marquée entre l'appréciation des filières scolaires. Il est de notoriété publique que les classes aisées privilégient les filières dites classiques (littéraire, scientifique, économique et sociale), propédeutiques à l'enseignement supérieur ; les classes populaires privilégiant quant à elles les formations professionnelles type BEP, CAP ou Bac professionnel. Peu sensible au collège où la différenciation scolaire n'est pas encore sensible, cette spécialisation accentue les écarts sociaux et partant les représentations que se font les groupes sociaux des « autres », nourri pour partie des phantasmes alimentés par leur non-côtoiement souvent volontaires car c'est là que se fixent les identités sociales. Or ces inégalités sont, là encore, la matrice d'une socialisation différenciée à l'intérieur du même établissement, par une logique d'évitement que revêt autant les pratiques locatives que les échanges : au lycée Guy de Maupassant de Fécamp, où l'auteur du présent article a fait ses études, la cafétéria était ainsi le point de rendez-vous des « bacs techniques », des BEP et des CAP, un lieu peu fréquenté par les « bacs généraux » à part quelques uns d'entre eux ; une différenciation corrélée aux échanges, minimes entre ces groupes sociaux : concrètement, peu de baccalauréats généraux serraient encore la main des baccalauréats technologiques quand bien même ils les avaient côtoyés parfois fréquemment au collège. Volonté de différenciation sociale inspiré par la compétition scolaire, repoussoir représenté par les classes populaires associées à la déchéance, différenciation des filières et des lieux de socialisation : toute la matrice est en place qui permet aux classes supérieures d'élaborer une théorie presque essentialiste d'infériorité des « petits ». Une matrice qu'alimentent aussi les journaux.

 

Le poids des représentations médiatiques.

 

Dans le colonialisme social où se mêle mépris du peuple et charité, les représentations véhiculées par les média occupe une place essentielle, primordiale.

Quelle en est la cause ? Tout d'abord, la faute en revient à l'absence de mobilité sociale dans la société actuelle qui engendre la confirmation de certains stéréotypes peu flatteurs pour les classes populaires. Les multiples études statistiques, quelques articles récents attestent du creusement des inégalités entre les familles les plus riches, pour qui l'éducation reste le fondement de la réussite sociale et de la distinction, qui n'hésite pas non plus à inscrire leur progéniture dans les établissements les plus réputés (et partant les plus onéreux), à tout le moins les filières les plus prestigieuses (baccalauréat littéraire ou scientifique), et les autres familles, plus populaires, dont les enfants peuvent rarement espérer pouvoir faire des études et qui le plus souvent opte pour l'apprentissage ou des études courtes comme nous l'avons vu ci-avant. Les journalistes sont, pour l'essentiel et de part leur catégorisation d'intellectuels, issus des classes sociales les plus aisées de la population et leur poids dans les représentations est écrasant. En 2008, l'enquête réalisée par les sociologues Géraud Lafargue et Dominique Marchetti, deux chercheurs au CNRS dont l'intégrité professionnelle et l'éthique ne sauraient être mises en doute, révélait que 52% des étudiants en journalisme étaient enfants de cadres, tandis que seuls 10% étaient des enfants d'ouvriers7. Ce faisant, c'est tout un système de valeur, de représentations « bourgeoises » que véhiculent les futurs journalistes, parfois inconsciemment, tandis que l'entre-soi ne permet guère de corriger ou démentir cette vision des classes populaires incapables de penser et de s'en sortir par elles-mêmes. C'est sans doute ce qui explique, par exemple, le reportage éhonté de l'émission « Envoyé spécial » sur le quartier de la Villeneuve à Grenoble. Peu soucieuse d'intégrité journalistique, seulement désireuse de vérifier les préconçus qu'elle avait sur les cités sensibles, la journaliste qui n'a pas passé plus de 4 semaines sur place, y a seulement présenté l'image d'un quartier gangrené par la violence et la drogue, dédaignant les initiatives des associations locales qui ont d'ailleurs assigné France 2 en justice suite à la diffusion du reportage le 26 octobre 20138. Mais, pis encore, le mal s'étend, voire se conforte au fur et à mesure que l'on monte dans la hiérarchie de la direction. Le très diffusé « Express », dont les unes pourfendent avec véhémence les petits, quels qu'ils soient (fonctionnaires, chômeurs), est dirigé par Christophe Barbier, fils d'un secrétaire de mairie passé par l'école normale supérieure de la rue d'Ulm et l'école supérieure de commerce de Paris où l'on croise bien peu de prolétaires9 ; à TF1, le présentateur Jean-Pierre Pernaut est fils d'une pharmacienne et d'un chef d'entreprise10 quand David Pujadas est enfant d'interprète et d'une traductrice dont le cursus scolaire s'est déroulé au prestigieux lycée international de Ferney-Voltaire11. S'y ajoute, ensuite et surtout, le statut de la majeure partie des média, appartenant souvent à des grands groupes d'édition qui réduisent d'autant la marge de manœuvre de leurs journalistes et les oriente, parfois sur une vision stéréotypée du peuple, qu'importe pourvu qu'elle assure la rentabilité de leur entreprise. Arnaud Lagardère, membre du Conseil de surveillance du « Monde » de 2005 à 2008, est ainsi fils millionnaire de l'ancien président du groupe Matra Jean-Luc Lagardère12 ; à la télévision, Rémy Pfimlin compte dans sa famille l'ancien ministre Pierre Pfimlin, et le président du Crédit mutuel. Étienne Pfimlin qui est son cousin13.

Ce faisant, il y a unité de vue, parfois imposée, entre les journalistes, les directeurs de rédaction et les propriétaires de journaux dans une logique essentiellement en cascade (propriétaires des groupes presses qui choisissent les rédacteurs en chef qui influencent les journalistes) sur ce que sont les classes populaires et ce qui est susceptible de leur plaire : a priori, car l'angle choisi pour étudier le menu peuple est souvent biaisé par la vision monolithique qu'en ont les journalistes (le journal de TF1, et ses décrochages sur les métiers anciens de France ; les questions stupides posées à François Hollande lors de l'annonce du Pacte de responsabilité sur sa relation avec l'actrice Julie Gayet14 ; la couverture médiatique de l'affaire Nabilla pour laquelle les journaux ont fait montre d'un intérêt soutenu au détriment d'enjeux politiques autrement plus sérieux ; ou bien, à l'approche des fêtes ; a posteriori ensuite, car ces mêmes journalistes, et plus encore leur direction soucieuse d'audimat et de diffusion se refusent à la dénonciation des stéréotypes qui briserait le confort de leurs représentations sociales, et qu'ils estiment ensuite comme seule devant plaire aux petits. A cette vision monolithique des classes populaires, due pour partie à l'absence de mobilité sociale et de côtoiement s'ajoute, en creux, l'interdiction tacite d'un examen citoyen des informations et de leur orientation politique, critique nécessairement présentée comme une lubie conspirationniste et antidémocratique, sinon fasciste, et qui révèle un certain mépris du citoyen lambda qui n'aurait supposément pas la capacité intellectuelle nécessaire à la compréhension des sujets abordés par les journalistes. Deux choses semblent pouvoir expliquer ce refus d'une contrepartie analytique : primo, le monopole d'une légitimité intellectuelle qui échoit uniquement aux professions réputées infaillibles, et que l'on semble devoir retrouver en politique comme nous le verrons après ; secundo, l'absence d'esprit critique de la part des « victimes » que l'on peut expliquer par de multiples raisons : naturalisation d'une forme d'illégitimité culturelle brillamment analysée par P. Bourdieu15 et qui s'étend à l'analyse de l'information, plus technique encore ; pérennisation de cette infériorité par l'enseignement, qui forme peu les futurs citoyens à une appréhension critique de l'information alors qu'elle est l'une des rares armes dont disposent réellement ces classes populaires pour effectuer cet examen citoyen de la presse et corriger les imperfections et les contre-vérités de certains articles les concernant De fait, la critique de la presse, le redressement des torts est bien faible : fondée en novembre 2003, notamment par l'association altermondialiste ATTAC, l'Observatoire français des média ne donne plus guère, malheureusement, de signe d'activité depuis 200616. L'observatoire des médias, pour appréciable qu'il soit par la qualité de cet article, n'a pas la prétention de corriger la vision erronée de certains confrères mais plutôt d'apporter un éclairage plus professionnel, véritablement journalistique, sur la société telle qu'elle est réellement17. L'une des rares associations de critique des médias, Acrimed (certes très marquée à gauche), a ainsi mauvaise presse (sic) auprès de certains journalistes comme Jean Quatremer qui ne voit guère, dans leur articles, que l'expression d'un partisanisme paranoïaque (l'association est cependant d'extrême-gauche) dont l'association Acrimed serait seule dépositaire, les journalistes, élite intellectuelle s'il en est, étant étrangement exempts du même reproche. Or ce n'est pas parce que l'on se proclame neutre qu'on l'est forcément. L'absence d'autocritique fait elle aussi perdurer ce colonialisme social dans les médias.

 

Le colonialisme social en politique.

 

La deuxième cause et conséquence est ensuite politique. Car le monde politique, à l'instar du monde médiatique, fait montre tant dans la morgue de certains de ses membres que dans la pitié qu'il lui manifeste parfois, de ce colonialisme social.

Dans les partis de gauche, le mal est similaire qui . Là encore, les stigmates du monolithisme social sont évidentes. Ce faisant, c'est toute la logique du vote populaire, auxquels sont rarement confrontés ces élus de la République les plus importants, nationaux (la différence est sensible sur ce point, avec les élus de terrain des municipalités), qui leur échappe, tandis que les représentations des milieux populaires ci-dessus exprimées trouvent parfois un écho particulier dans leurs rangs. En fait, deux discours tendent à se confronter ou se mélanger, partagés entre la morgue et la pitié qui toujours trahissent un sentiment de supériorité tant intellectuelle que sociale. La morgue, d'abord, est sensible dans l'attitude à l'égard des classes populaires lorsqu'elles ne vont pas dans le sens voulu par les « coloniaux » : il fut sensible en 2005, au Parti socialiste, lors du rejet de projet de la constitution européenne, dont le caractère libéral et sibyllin auraient dû susciter un rejet unanime des forces de gauche, comme le mentionne Bertrand Rothé dans son ouvrage « De l'abandon au mépris : comment le PS a tourné le dos à la classe ouvrière »18. Ainsi pour la rumeur, peut-être infondée mais qui semble vraisemblable aux yeux des Français, d'un François Hollande appelant les pauvres « les sans-dents » selon le livre de Valérie Trierweiller « Merci pour ce moment »19. En 2011 déjà, le think tank « Terra Nova », proche du Parti socialiste, proclamait dans son rapport qu'il fallait carrément abandonner les ouvriers à leur sort, comme irrécupérables électeurs du Front National qu'ils étaient, au profit d'un inventaire à la Prévert comprenant « les immigrés, les jeunes, les femmes »20. Quid des raisons d'une telle désaffection : la rupture entre le PS et le monde ouvrier se serait faite après mai 1968 ; les ouvriers auraient rompu avec le PS sur des lignes comme la tolérance envers les homosexuels, la libération des mœurs auxquels ils n'adhéreraient pas... Les immigrés, les femmes et les jeunes se montreraient au contraire plus sensibles à ces axes politiques portés par Terra Nova et partant par le PS qu'il irrigue. L'autre versant de ce colonialisme social, c'est bien entendu le traitement « charitable » réservé aux petits dont on rappelle par là-même l'infériorité sociale. L'illustration suprême en est la discrimination positive : à ce titre, la majorité des partis politiques verse dans ce faux-semblant qui, sous couvert de juguler les inégalités, tend à les maintenir voire à les renforcer. En 2007, Nicolas Sarkozy, nouvellement élu président, et son premier ministre François Fillon insistaient sur l'ouverture du premier gouvernement à la diversité avec la nomination de Rachida Dati comme Garde des sceaux, ou Rama Yadé comme secrétaire d’État chargée des affaires étrangères et des droits de l'homme et Fadela Amara. Plus que leur nomination, somme toute normale pourvu que les compétences soient bien entendu au rendez-vous, c'est la publicité générée autour de ces nominations qui pose problème : leurs postes n'ont pas été donnés non pas au titre de leur capacités, mais au non d'une ouverture qui ne s'assumait alors pas comme discrimination positive. Les récentes déclarations de Nicolas Sarkozy, sept ans après cet épisode, semblent aller dans ce sens qui évoque plus la pitié qu'une réelle considération21. Au PS, c'est la nomination de Harlem Désir à la tête du parti comme secrétaire général (2012) qui interpelle : Lucien Pambou s'est par exemple montré dubitatif lors de cette intronisation, critiquant à juste titre l'idée de diversité qu'il assimile, pour ses bénéficiaires, à une évocation de citoyens de seconde zone et craignant alors, au titre du doute raisonnable, que cette intronisation sans élection ne soit qu'une nouvelle manifestation de cette diversité charitable22.

Nombre d'éléments infirment pourtant cette vision caricaturale et erronée de ce qu'est le peuple. Tout d'abord, le vote ouvrier. Si les dernières enquêtes sociologiques semblent malheureusement confirmer l'idée d'un report de voix massif en faveur du Front National jusqu'à sa sinistre apothéose lors des élections européennes de mai 2014. Les controverses sur la composition de l'électorat frontiste n'ont de cesse d'environner chaque élection. La réponse qu'y apportent pour les élections présidentielles de 1995 et 2007 , plus nuancée, semble devoir attirer notre attention : en 1995, le lien est étroit entre caractère ouvrier d'une commune et vote frontiste, mais cela uniquement sur le pourtour méditerranéen où le Front National est implanté de longue date ; la corrélation est inexistante en Normandie par exemple. En 2007 en revanche, le lien semble être plus étroit, mais le vote ouvrier n'est pas uniforme (le FN n'en a pas le monopole), tandis que d'autres catégories de la population lui apportent leurs suffrages, comme les paysans et les commerçants23. En 2009 et 2010, 69% des ouvriers s'abstenaient lors des élections européenne, tandis qu'en 2010, pour les régionales, 70% des ouvriers ne se rendaient pas aux bureau de vote. La progression du vote FN chez les ouvriers n'est donc pas linéaire, et sûrement pas inéluctable. De même, comme le pose habilement Pierre Khalfa, président de la Fondation Copernic, qui s'est éloigné de l'autre entre les classes populaires et le parti de gouvernement qu'est le PS24. Il pointait alors les contradictions du programme de François Hollande, sa faiblesse même à l'endroit du capitalisme (une seule mention de ce mot tabou dans le programme du candidat Hollande ; des mesures « en trompe l’œil » sur la dette publique, la crise de l'Union Européenne, les droits sociaux des ouvriers)25. Les réalisations du président socialiste et de son gouvernement sont pire encore que ce que son programme annonçait : l'Accord national interprofessionnel favorise la flexibilité de l'emploi ; le « Pacte de responsabilité » vise à réaliser 50 milliards d'économies sur les budgets notamment sociaux (11 milliards d'économies sur le budget de la protection sociale ; 10 milliards sur l'assurance-maladie)26, tandis que les contreparties, mollement exigées, ne seront pas réalisées, le seul levier dont aurait pu disposer le gouvernement (l'observatoire des contreparties) étant annulé suite à une sortie de l'omnipotent président du MEDEF Pierre Gattaz, le comité de suivi de CICE, au rôle seulement « analytique », se voyant pompeusement qualifié à l'occasion de comité de suivi des contreparties27. Ces reculades successives, les rodomontades des dirigeants socialistes n'ont-elles pas, plus qu'une inclination intrinsèque pour les thèses d'extrême-droite, expliqué le basculement ouvrier, si tant est qu'il ait eu lieu, moins en faveur du FN qu'en défaveur du PS ? Quant aux réponses censées obvier à cette ascension qui semble si inexorable du Front National, elles sont quasi-inexistantes : l'imploration du PS pour éviter la déferlante Front National fut à peine caricaturée sur les réseaux sociaux. Seuls les partis de gauche radicale (au premier chef le Parti de Gauche et le Parti communiste français) ont compris qu'un discours clairement social et de gauche pouvait faire barrage au parti xénophobe de Marine Le Pen, sans pour autant retirer pour l'instant les fruits de leur constance, et en frôlant parfois malgré tout le colonialisme social (jouer sur le terrain people comme l'a fait Jean-Luc Mélenchon avec l'affaire Nabilla28 pour séduire l'électorat populaire supposément friand de ces frasques est proprement scandaleux et méprisant, ce qui n'est habituellement pas le cas chez lui). Pour ce qui est de la charité éprouvée à l'endroit de ces mêmes classes populaires au nom de la discrimination positive, elle a prouvé aux États-Unis son inefficacité et son inocuité. L'affirmative action (son nom états-unien) a produit des résultats plus que mitigés lorsqu'il fut décidé d'en tirer le bilan dans les années 1990 : censés en profiter, les Noirs ont au contraire subi les réserves des patrons blancs dont les représentations péjoratives se sont trouvées renforcées par l'imposition des quotas d'embauche, bien que la désindustrialisation reste la principale cause des inégalités sociales et « raciales » aux États-Unis29.

Rassemblant les éléments constitutifs du « colonialisme social », ce mépris de certains partis de gouvernement à l'égard du menu peuple puise ses origines dans le monolithisme social des partis en question. En 2011, le CEVIPOF effectuait une enquête électorale auprès des militants PS : outre l'âge moyen avancé des adhérents (61% de plus de 50 ans), les plus jeunes sont à 66% dotés d'un diplôme de deuxième ou troisième cycle universitaire, souvent recrutés au sein des syndicats estudiantins comme l'UNEF30. Plus encore, l'intégration de ces mêmes jeunes au monde du travail (seuls 17% de contrats à durée déterminée ; le reste en contrat à durée indéterminée, le plus sécurisant ; il ne semble pas qu'il y ait d'intérimaire)31 renforce la rupture sociologique entre les travailleurs français et le parti de gouvernement censé en représenter les intérêts. Cette rupture est plus sensible encore lorsque l'on s'élève au sein de la hiérarchie nationale : un regard rapide sur le gouvernement actuel (Valls 2), suffit pour confirmer cette assertion. Placé au poste stratégique de ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius est un fils d'antiquaire qui a effectué ses études au sein du très huppé lycée Janson de Sailly à Paris32 ; Ségolène Royal est fille d'un lieutenant-colonel et a fait l'ENA (promotion Voltaire)33 ; Michel Sapin, ministre de l'économie, est fils d'un cadre supérieur et est lui aussi issu de cette fameuse promotion Voltaire de l'ENA où sont passés le président François Hollande et la ministre de l'écologie Ségolène Royal34 ; seule Najat Vallaud-Belkacem semble devoir échapper à ce déterminisme élitiste, qui est fille d'un ouvrier de Renault35. À l'Assemblée nationale, c'est la même chose si ce n'est pire : dans un entretien réalisé en 2013, les sociologues Monique et Michel Pinçon-Charlot exposaient que les 52% d'ouvriers et d'employés français ne pesaient guère que 0,01% à l'Assemblée nationale36, les prolétaires de ladite Assemblée étant proviseur de lycée. C'est là que résident les racines de ce « colonialisme social » : les principales instances de la République les plus hauts placés étant noyautées par les mêmes catégories sociales, ce qui en assure l'unité, difficile de raisonner en termes sociaux lorsqu'on n'y est pas confronté, ce qui est rarement le cas des élus locaux ; cette même unité peut favoriser un sentiment d'invulnérabilité puisque les élus de la République sont toujours issus des mêmes classes sociales, menant à une absence de remise en cause et un mépris potentiel de ceux qui n'exercent pas le pouvoir parce qu'ils n'en sont pas dignes : aucune remise en cause des politiques menées n'est possible puisque les dirigeants ont le sentiment d'être infaillibles ou du moins supérieurs à leurs détracteurs. Enfin, la proximité sociale entre les élites du monde politique et celui des affaires, qui mène parfois à une socialisation mêlée de ces deux groupes37 comme l'illustrent les soirées du club « le Siècle » (où l'on croise pêle-mêle Jean-Pierre Jouyet, le patron d'Air France-KLM Alexandre de Juniac, et Laurent Joffrin) l'illustre38, ce qui rend d'autant plus délicat la différenciation politique vu la proximité sociale. C'est ce qui explique également la générosité manifestée à l'endroit du peuple dont la discrimination positive n'est qu'un avatar : elle n'est guère menaçante pour ceux qui la pratiquent, tandis qu'elle contribue à légitimer les « privilèges » des élites sociales (leur reproduction sociale)39 reconnues pour leur ouverture qui fleure plutôt la philanthropie et la charité ; cette pratique éminemment bourgeoise se double de sa corollaire, à savoir la désocialisation de la vision politique qui pousse, pour redonner une intelligibilité à la société actuelle devenue par trop « exotique », à la redécouper à sa convenance intellectuelle et communicationnelle. Exit les ouvriers, les prolétaires devenus beaufs que l'on ne comprend plus et qui rappelle trop les échecs et les renoncements passés ; bonjour les jeunes, les femmes, les immigrés (qui sont aussi, très souvent, des ouvriers mais que l'on réduit à leur origine au point de bloquer leur intégration en prétendant la faciliter) car ils sont réputés plus ouverts ou manipulables. Et si ce découpage était plus subtil et dangereux encore ? Car à découper en catégorie socio-ethnique, « socio-âgiale » les catégories sociales, c'est tout simplement leur unité que l'on détruit, et partant la force des éventuels mouvements sociaux contre les élites politiques et financières...

 

 

Quelques pistes pour en sortir ?

 

L'auteur du présent article n'a pas la prétention de proposer des solutions clés en main. Néanmoins, il estime que les solutions suivantes seraient de nature à combattre le colonialisme social.

Pour conjurer un mal, il convient de s'attaquer à ses racines. Or, on a vu que ces racines étaient pour partie liées à la formation scolaire et ses imperfections. Plusieurs pistes peuvent donc être envisagées sur ce secteur. Tout d'abord, la mise en place d'une carte scolaire beaucoup plus sévère qu'elle ne l'est actuellement. C'est la solution prônée, en des termes certes moins radicaux, par l'économiste Thomas Piketty dans son pénétrant essai « L'économie des inégalités » republié en 2008. Les avantages y sont nombreux : tout d'abord, une fréquentation plus approfondie entre les classes sociales, susceptibles de perdre leurs représentations parfois infamantes car basées sur des phantasmes ; une égalité de moyens entre les différents établissements, des écarts socioculturels moins marqués qui non seulement n'obèrent pas la réussite des élèves des classes aisées, qui s'en sortiront quoi qu'il arrive, mais accentue celle des élèves des classes populaires40. Ensuite, par la nécessité d'un approfondissement de l'esprit critique, auquel les enseignants sont parfois peu formés. En recherche, c'est sur le tas et dans la difficulté qu'il s'apprend : l'auteur de ces lignes peut en témoigner qui a entrepris un master recherche sans trop en maîtriser les tenants et les aboutissants et qui a beaucoup peiné lors de la réalisation de son premier mémoire. En histoire notamment, la recherche reste le meilleur des propédeutiques pour acquérir cet esprit critique : l'instauration d'un mini-mémoire de recherche sur un sujet donné, qui obligerait à croiser des points de vue forcément divergents, permettrait aux enseignants non seulement de « naturaliser » cet esprit critique mais aussi de le maîtriser au point de pouvoir le mettre en place avec les élèves, qui pourraient confronter des sources divergentes. La prise de la Bastille, abordée dans le programme de quatrième et le chapitre « Les temps forts de la Révolution » (que suivent toutes les catégories sociales, le collège unique étant obligatoire), offre un cas d'école (sic) tant les interprétations ont été contrastées sur ce point. Ce sont là deux pistes qu'il conviendrait de creuser.

Quid du monde journalistique ? Une solution semble émerger, que défendait le Front de gauche lors des présidentielles de 2012. C'est l'institutionnalisation de la critique des médias par la création d'un comité multipartite. Il ne s'agit pas d'imposer une quelconque censure, une dictature sur les médias qui seraient incapables de s'exprimer, mais plutôt de s'assurer que les journalistes respectent tous bien les règles de déontologie et d'éthique nécessaires à leur tâche et vitale pour la démocratie. Les journalistes y tiendrait une bonne place, bien sûr, car ils sont concernés et que leur expertise reste primordiale. Mais pourraient s'y adjoindre des associations de critique des médias comme celles susnommées, des représentants d'associations, des citoyens et pourquoi pas, à dose homéopathique, des femmes et des hommes politiques reconnus pour leur impartialité. De même, la mise en place d'un statut spécial pour les journaux et les journalistes (protection de l'emploi, sortie du système entrepreneurial par l'autogestion ou un système connexe, appuyé sur un impôt sanctuarisé) permettrait de sortir l'information des carcans de l'entreprise que l'on sait si néfaste.

Enfin, pour le monde politique, plusieurs choses. Si le monde politique est aussi verrouillé, c'est par son conservatisme et la reproduction sociale, omniprésente. Les effets d'une carte scolaire plus sévère, d'une hausse du budget de l'Éducation nationale, seraient déjà sensibles qui permettraient, par la seule force de leur mérite et de leur talent, à des hommes et des femmes issus des classes populaires d'accéder plus aisément aux postes importants, à responsabilité pour ne pas dépendre des classes aisées. Cela dans le cadre de l'université, plus « mélangée » socialement que ne le sont les grandes écoles. Pour ces dernières précisément, un vigoureux tour de vis s'impose qui pourrait (devrait ?) conduire à leur disparition pure et simple. Car quel service a rendu l'ENA depuis sa création en 1945 ? Elle a pu former des étudiants brillants par le passé, mais ce rôle est pour beaucoup révolu : la seule chose qui intéresse les énarques, et cela depuis longtemps, c'est leur rang de sortie qui n'intéresse nullement l'intérêt général et ne sert qu'à pérenniser, de manière coûteuse, la reproduction sociale et le conformisme41, un reproche que l'on peut étendre à Sciences Po42. L'effort doit venir aussi de l'engagement politique de ces classes populaires, sensible pour partie pour les prochaines élections départementales, pour forcer la main des récalcitrants. D'une certaine manière, ce retour sur la scène politique et intellectuelle des classes populaires, ce défi s'inscrit dans la lignée des « intellectuels organiques » chers au communiste italien Antonio Gramsci, théoricien de la guerre culturelle (affronter la bourgeoisie sur le « sol culturel » afin d'en briser son hégémonie dans les valeurs et les représentations, prélude à la lutte économique)43. Car comment relever le gant autrement qu'en favorisant la diffusion, au sein du peuple, de concepts intellectuels qui ne le méprisent pas, assurant son unité et lui permettant de corriger l'image dont il souffre souvent injustement, corollaire de la domination économique qu'il subit et dont on sait à quel point elle détermine le colonialisme social44 ? Le colonialisme social, finalement, n'est guère que l'actualisation culturelle de la lutte des classes, son corollaire culturel. La réplique ne peut venir que du peuple. Et elle ne saurait venir qu'en vertu d'une lecture politique de gauche.

 

Notes :

1FERRY J., « Jules Ferry (1885) : les fondements de la politique coloniale (28 juillet 1885) » in LUQUIENS C., « assembleenationale.fr », rubrique « Grands moments d'éloquence parlementaire », site consulté le 03.01.2015 (date de consultation : idem).

2BATTAGLIA M., COLAS A., « Classement PISA : la France championne des inégalités scolaires » in Anonyme, « lemonde.fr », 03.12.2013 (site consulté le 24.12.2014).

3VAN ZANTEN A., « Choix de l'école et inégalités scolaires » in ANSELLEM-MAINGY Y., « Agora n°56 », Paris, Presses de Sciences Po, septembre 2010, page 35-47.

4Ibid.

5BOURDIEU P., « L'amour de l'Art », Paris, éditions de Minuit, 1968, 248 pages.

6VAN ZANTEN A., « Choix de l'école et inégalités scolaires » in ANSELLEM-MAINGY Y., « Agora n°56 », Paris, Presses de Sciences Po, septembre 2010, page 35-47.

7LAFARGE G., MARCHETTI D., « Enquête sur la provenance des étudiants en journalisme » in « Médiamorphoses n°66 », 2008, article consulté le 21.12.2014.

8Acrimed, « Mobilisation et plainte des habitants d'un quartier populaire grenoblois contre le président de France Télévisions » 09.01.2014, in KERGOAT Y., « www.acrimed.fr », site consulté le 21.12.2014.

9Anonyme, article « Christophe Barbier » in SANGER L., WALES J., « www.wikipedia.fr », site créé le 15.01.2001 (date de consultation : 29.12.2014).

10Anonyme, article « Jean-Pierre Pernaut » in SANGER L., WALES J., « www.wikipedia.fr », site créé le 15.01.2001 (date de consultation : 29.12.2014).

11Anonyme, article « David Pujadas » in SANGER L., WALES J., « www.wikipedia.fr », site créé le 15.01.2001 (date de consultation : 29.12.2014).

12Anonyme, article « Arnaud Lagardère » in SANGER L., WALES J., « www.wikipedia.fr », site créé le 15.01.2001 (date de consultation : 29.12.2014).

13Anonyme, article « Pierre Pfimlin » in SANGER L., WALES J., « www.wikipedia.fr », site créé le 15.01.2001 (date de consultation : 29.12.2014).

14MAGNIN B., « Hollande-Gayet-Trierweiller : un vaudeville écrit et mis en scène par les média » in « www.acrimed.fr », 20.01.2014 (date de consultation : 28.12.2014).

15BOURDIEU P., « L'amour de l'art. Les musées européens et leur public », Paris, les éditions de Minuit (le Sens commun), 2007, 251 pages.

16Anonyme, article « Observatoire français des médias » in SANGER L., WALES J., « www.wikipedia.fr », site créé le 15.01.2001 (date de consultation : 29.12.2014).

17Citons, en ce qui concerne l'occurrence « ouvriers », la recension de l'ouvrage « Le salarié jetable » de Louis Uchitelle par Gilles Bruno en avril 2008 (BRUNO G., « Le salarié jetable » in « www.observatoiredesmedias.com », 30.04.2008, consulté le 29.12.2014) ou bien l'article de Jérémy Sahel portant sur le documentaire « La rue est à eux » de Sophie Verney-Caillat dont le sujet est la mobilisation des ouvriers de Continental de Clairoix en 2010 (SAHEL J., « ''La rue est à eux''. Isabelle Regnier fait son portrait de Rue89 » in « www.observatoiredesmedias.com », 27.10.2010, consulté le 29.12.2014).

18ALBERTINI D., « PS et ouvriers : ''on est passé de l'abandon au mépris'' » in « www.libération.fr », 11.01.2013 (date de consultation : 28.12.2014).

19LAURENT S., « Les sans-dents immédiatement récupérés par les militants de tous bords » in « lemonde.fr », 04.09.2014 (date de consultation : 28.12.2014).

20FERRAND O., « Gauche : quelle majorité électorale pour 2012 » in CHEREQUE O., « www.tnova.fr », 10.05.2011 (date de consultation : 28.12.2014).

21Anonyme, « Nicolas Sarkozy évoque les origines de Rachida Dati pour justifier sa nomination en 2007 » in « www.lefigaro.fr », 26.11.2014 (date de consultation : 29.12.2014).

22PAMBOU L., « Harlem Désir n°1 du PS : discrimination positive ou réelle diversité en politique » in « www.larepubliqueenmouvement.blogs.nouvelobs.com »,17.09.2012 (date de consultation : 29.12.2014).

23GOMBIN N., « Analyse écologique, modèles multi-niveaux et sociologie électorale » in « Congrès de l'association française des sciences politiques », Grenoble, 2009.

24KHALFA P., « Gauche marketing ou gauche sociale ? » in « lemonde.fr », 21.06.2014 (date de consultation : 28.12.2014).

25Ibid.

26Anonyme, « Pacte de responsabilité et de solidarité : allègements de charge contre embauches » in « viepublique.fr », 07.08.2014 (date de consultation : 28.12.2014).

27GOUPIL Mathilde, « Pacte de responsabilité : où est passé ''l'observatoire des contreparties'' ? » in « rue89.nouvelobs.com », 11.07.2014 (date de consultation : 28.12.2014).

28PEZERAT T., « Quand Jean-Luc Mélenchon salue le ''génie'' de la star de téléréalité Nabilla » in « lelab.europe.1.fr », 30.05.2013 (date de consultation : idem).

29PIKETTY T., « L'économie des inégalités », Paris, la Découverte (Repères), août 2008, page 82.

30REY H., DAGENT S., « Qui sont les militants socialistes » in « bourgsocialismeavenir.fr », 24.07.2011 (site consulté le 26.12.2014).

31Ibid.

32Anonyme, article « Laurent Fabius » in SANGER L., WALES J., « www.wikipedia.fr », site créé le 15.01.2001 (date de consultation : 29.12.2014).

33Anonyme, article « Ségolène Roual » in SANGER L., WALES J., « www.wikipedia.fr », site créé le 15.01.2001 (date de consultation : 29.12.2014).

34Anonyme, article « Michel Sapin » in SANGER L., WALES J., « www.wikipedia.fr », site créé le 15.01.2001 (date de consultation : 29.12.2014).

35Anonyme, article « Najat Vallaud-Belkacem » in SANGER L., WALES J., « www.wikipedia.fr », site créé le 15.01.2001 (date de consultation : 29.12.2014).

36PINÇON-CHARLOT M. et M., « La classe ouvrière use aussi d'une violence idéologique » in LE HYARIC P., « www.humanite.fr », 13.09.2014 (date de consultation : 29.12.2014).

37C'est, à peu de choses près, les ghettos du gotha analysés en 2007 par M. et M. Pinçon-Charlot dans PINCON-CHARLOT M., « Les ghettos du gotha : comment la bourgeoisie défend ses espaces », Paris, Seuil, 2007, 295 pages.

38LEFILLIATRE J., « Le Siècle, club très select des élites françaises, déménage » in « www.challenges.fr », 23.12.2013 (date de consultation : 28.12.2014).

39PINÇON-CHARLOT M. et M., « Sociologie de la bourgeoisie », Paris, la Découverte, 2009.

40PIKETTY T., « L'économie des inégalités », Paris, La Découverte (Repères), août 2008, 128 pages.

41FAUCONNIER P., « L'ENA, facteur de déclin français » in « tempsreel.nouvelobs.com », 26.10.2012 (date de consultation : 29.12.2014).

42JOUNIN N., « Il est temps d'en finir avec Sciences Po » in « lemonde.fr », 28.11.2012 (date de consultation : 30.12.2014).

43TOSSI A., « La presse comme appareil d'hégémonie selon Gramsci » in « Quaderni n°57 », Paris, Maison des Sciences de l'Homme, 2005, page 60.

44Ce résumé un peu rapide de la pensée de Gramsci, qu'il ne fait qu'effleurer, doit beaucoup à PIOTTE J-M., « La pensée politique de Gramsci », Montréal, éditions Parti Pris, 1972, pages 17 à 21.

 

  

 

Rédigé par Colin Marais

Publié dans #sociologie, #politique

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