Je suis Charlie

Publié le 8 Janvier 2018

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Je commencerais par faire toutes mes condoléances aux familles des victimes.

 

Par avance, je m'excuse si mes propos ne sont pas bien écrits, pas très cohérents, mais ils viennent du cœur et sont l'expression de ma tristesse pour la liberté de la presse, pour les familles, avant d'être l'expression d'une haine quelconque envers une religion, dont beaucoup de membres, j'en suis persuadé, sont choqués par cet attentat.

Charlie m'a accompagné durant ma formation politique, au Lycée et aussi après. J'ai toujours été opposé à tous les fondamentalismes et extrémismes qui prônent la haine, la mort, la destruction. Mes mots n'exprimeront jamais assez ma tristesse et le choc qui était le mien lorsque j'ai réalisé le drame qui venait d'avoir lieu à Paris, dans les locaux de Charlie Hebdo. J'ai entendu parlé d'une fusillade, de plusieurs blessés, puis, brutalement, de 12 morts. Je ne savais rien des assaillants, de leur motivation, de leur religion, c'est le choc face à l'attaque d'un journal qui m'a submergé en premier.

L'émotion que ce drame suscite, l'élan de solidarité des gens partout dans le pays, est un cadeau, vraiment, que le peuple, dans son unité, fait aux terroristes, aux assassins. La France continue de représenter quelque chose, et nombreux sont les citoyens défendent des valeurs aussi inaliénables que la liberté d'expression et aussi de culte.

J'ai souvent rigolé en voyant les dessins dans Charlie Hebdo, jamais offensants et toujours intelligents, même si certains allaient loin. Un crayon et un dessin ne va pas tuer, alors qu'une arme va le faire. Oui, certains pratiquants musulmans sont des cons. Tous des cons, peut-être pas, même si c'est au monde musulman dans son intégralité de dire non - et fermement non - à toutes les dérives de leur religion. Charlie Hebdo est là pour faire réfléchir, pour faire réagir les gens face aux dérives des religions et des politiques. C'est aussi le devoir des membres de toutes religions de gérer leurs dérives internes. Dans son histoire et toujours aujourd'hui, l'Eglise catholique a été responsable d'exactions. Ce n'est pas facile à enrayer, à gérer, mais il est une certitude, c'est que, sur le long terme, c'est la paix et la tolérance qui gagnent toujours.

Par exemple, le Dalaï Lama n'a jamais prôné la violence, ne soutient pas les jeunes Tibétains qui veulent prendre les armes contre l'armée chinoise. C'est un sacrifice inutile car le rapport des forces est en leur défaveur. Mais utiliser les mots, prendre la parole pour défendre la paix et la tolérance, montrer que, quel que soit le mal qui est fait, la justice triomphera à un moment donné. « Si quelqu’un te frappe sur la joue droite, tends-lui aussi la gauche », disais Jésus à ses disciplines. C'est une phrase qui résume le discours non-violent de la religion chrétienne. Il s'agit de dépasser la loi du talion, si courante à l'époque (et déjà, semble t-il, une avancée juridique). Cette loi du talion qu'utilise encore les fondamentalistes musulman parce qu'ils n'ont pas évolués avec leur temps. La loi du talion a pu être un progrès et c'est en ce sens qu'il faut le prendre. La religion doit accompagner le progrès, pas l'inverse. Les chrétiens comme les musulmans ont vraiment des questions à se poser à ce sujet.

Il me semble, sincèrement, que les religions sont armées pour riposter face aux gens qui, en leur sein, veulent tuer au nom d'un idéal qui, de toute façon, est voué à l'échec sur le long terme. Je suis agnostique, athée de plus en plus, mais je pense qu'il ne faut pas lutter contre les religions, mais pour les religions, pour qu'elles intègrent profondément cet esprit de paix et de tolérance dont tout le monde à besoin dans sa vie quotidienne. Sinon, elles disparaîtrons d'elles-mêmes et la religion catholique, en France, paie aussi un certain discours réactionnaire.

Il est vrai que même les gens les plus tolérants, les plus ouverts, peuvent, un moment où à un autre, faire le contraire de leurs idéaux, par peur, par inconscience parfois. S'il n'y a personne pour leur dire, pour pointer du doigt leurs propos, ils s'aveugleront encore plus. Il ne faut pas attendre que chacun change intérieurement, qu'il soit trop tard pour le dire. La spiritualité est une chose, s'enferme dans un discours qui conduit à l'exclusion des autres en est une autre. C'est ce discours contre lequel il faut lutter et cela ne pourra pas être fait sans les membres modérés des religions concernées. Il faut faire bouger les choses collectivement, parfois en imposant la paix et la tolérance par des mesures de justice. C'est aussi ça, garantir la liberté. C'est dire, oui, nous devons pouvoir dire tout ce que nous pensons, mais non, nous ne pouvons pas tout dire et tout faire en France. Et heureusement ! La liberté d'expression n'est pas bradée lorsqu'un Eric Zemmour est mis en accusation pour des propos haineux. Il a pu parler librement. Il est sanctionné ensuite.

 

La liberté n'est pas divisible. Elle n'est possible que voulue collectivement.

Rédigé par Simon Levacher

Publié dans #politique, #actualité

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